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24 mai 2013
Pietro

Chapitre 2 : La méthode verbo-tonale d’intégration phonétique. Rappel historique et définition opératoire

De toutes les méthodes de correction phonétique dont l’efficacité a été reconnue durable, la méthode verbo-tonale est celle qui repose sur les données scientifiques les mieux établies et qui fonde sa pertinence sur des principes théoriques et méthodologiques dont la validité est largement attestée par les résultats pédagogiques obtenus sur le terrain.

Au départ, l’appellation verbo-tonale a été appliquée par le Prof.P.Guberina à la méthode de réhabilitation des malentendants et ce n’est que dans un deuxième temps qu’elle est devenue un outil pédagogique pour l’apprentissage des langues étrangères.

Voici plus d’un demi-siècle, Petar Guberina, directeur de l’Institut de Phonétique de l’Université de Zagreb, est parti de l’hypothèse qu’une audition déficiente chez le sourd ne signifie pas une destruction totale du champ auditif mais un système différent de structuration. C’est cette structuration qu’il s’agit de déterminer en explorant le champ perceptuel du malentendant au moyen de logatomes (c’est-à-dire de messages phoniques sans signification perçus par l’oreille normale sur une bande d’octave). Le savant de Zagreb décèle ainsi les bandes fréquentielles qui chez le sourd sont restées saines. Comme, de toute façon, le cerveau capte en synthèse, sur la base d’un nombre restreint de stimuli acoustiques, l’éducation du processus audio-phonatoire consiste à éliminer par filtrage au SUVAG (Système universel verbo auditif Guberina) les bandes fréquentielles déficientes, à reconditionner l’audition à l’intérieur des bandes résiduelles, appelées en rééducation bandes de transfert et à élargir progressivement le champ auditif du patient jusqu’à la perception intégrale de la langue maternelle en canal direct.

Plus tard, fort de cette expérience, P. Guberina revient à la didactique des langues, enrichi d’une idée qui va constituer une des originalités de l’approche structuro-globale audio-visuelle, à savoir qu’entre le sourd qui apprend sa langue maternelle et celui qui apprend une langue étrangère, il n’y a qu’une différence de degré : l’un et l’autre structurent l’audition selon leur propre système, l’un déterminé par des facteurs pathologiques, l’autre par le “crible” phonologique de sa langue maternelle, lui-même issu d’un long processus de réduction des immenses possibilités discriminatoires.

C’est ainsi qu’une méthode conçue initialement pour la rééducation des sourds est devenue un outil extrêmement fécond en didactique des langues et que les procédures utilisées pour la réhabilitation des malentendants ont été transposées avec succès à la didactique d’une langue seconde.

C’est dans ses applications à la didactique des langues que nous nous proposons d’aborder cette méthode d’intégration phonétique dans ce qu’elle a de spécifique par rapport à d’autres méthodes de correction phonétique.

La méthode verbo-tonale de correction phonétique est une méthode structuro (6) - globale (7) et structurante (8) de correction phonétique qui préconise une intégration non intellectualisée (5) du matériel phonique et assure la mise en place de conditions optimales (2) de perception/reproduction, soit par la sélection de positions et d’environnements favorables (3) , soit par l’intervention directe dans l’émission ((4) des messages pour restructurer la perception auditive (1) du sujet et le sensibiliser aux éléments non perçus

Explicitons les termes de cette définition opératoire :

- 1. La perception auditive

L’audition, autrement dit la perception auditive, qui n’est qu’une des “entrées” de la perception tout court. C’est une méthode qui agit au niveau de la perception auditive et non de la phonation, car audition et articulation sont intimement liées, l’audition conditionne l’articulation. En réalité la reproduction inexacte de la structure phonique d’une langue résulte moins d’un défaut des organes phonatoires (sauf dans des cas pathologiques) que d’une interprétation conditionnée du cerveau qui structure l’audition en fonction du système phonologique de notre langue maternelle. En d’autres termes, l’intuition psycho-phonique déterminée par la distribution phonologique de notre langue maternelle nous a habitués, dès l’enfance, à canaliser nos facultés auditives dans le sens des entités abstraites de notre code, c’est-à-dire des phonèmes, et conditionne le sens discriminatoire de ceux qui l’utilisent. L’individu qui apprend une langue étrangère, si son apprentissage n’est pas orienté, va imposer la structure phonologique de sa langue maternelle à la nouvelle langue qu’il apprend et, de la confrontation des deux systèmes, va naître ce que l’École de Zagreb appelle le système d’erreurs.

Nous avons cité à plusieurs reprises le concept de crible phonologique. Cette notion, jointe à la distinction entre phonétique et phonologie est capitale si l’on veut comprendre que le problème posé en phonétique corrective relève davantage de la perception auditive que de l’articulation. Nous y reviendrons au chapitre 3.

- 2.Mise en place de conditions optimales

Optimiser les conditions de perception revient à présenter à l’audition du sujet le modèle qui le sensibilise au mieux aux éléments qu’il a tendance à sous-évaluer en fonction du système d’erreurs induit par le crible phonologique de sa langue maternelle.

- 3.Soit par la sélection de positions et d’environnements favorables

Pour illustrer le choix préférentiel d’une position favorable, citons, en guise d’illustration, le rôle de la courbe intonative sur la perception et la reproduction des timbres vocaliques.

Ecoutons les exemples suivants :

- Ω Tu l’as vu ?
Non, je ne l’ai pas vu

De toute évidence, la deuxième structure offre les meilleures conditions audio- phonatoires pour cette étudiante polonaise qui produit /y/ comme [i].

C’est que la perception du timbre vocalique varie en fonction de sa position dans la courbe mélodique. Ainsi, une voyelle placée en fin de courbe mélodique descendante voit se valoriser son caractère sombre, accentuer la diphtongaison, le relâchement ; par contre, une voyelle placée en fin de courbe montante, ou, ce qui revient au même, au début de la courbe descendante, voit s’éclaircir son timbre vocalique (NB. Pour comprendre la notion de timbre clair/sombre, on se réfèrera à la présentation ultérieure du trapèze vocalique suivant des critères acoustico-articulatoires, dont l’explication ici nous détournerait de l’illustration de notre définition. Retenons pour l‘heure, en nous réservant d’en apporter la justification par la suite, que sur l’axe clair/ sombre des timbres vocaliques, le timbre de [i] est plus clair que [y], lui-même plus clair que [u]).

On voit immédiatement l’intérêt que l’enseignant pourra tirer de cette loi de phonétique perceptuelle : si l’élève surestime la composante claire du timbre de la voyelle et produit /y/ comme [i]( les slavophones, arabophones, wolof-phones ,etc.) c’est-à-dire avec un éclaircissement excessif du timbre vocalique, nous obtiendrons l’assombrissement du [y] en lui proposant la position de ce son en fin de courbe intonative descendante.

Par contre, si l’erreur consiste en une prononciation trop sombre de /y/ (les hispanophones, italophones, etc.) on agira à l’inverse : on placera le son en fin de courbe mélodique ascendante.

Ecoutons :

- Ω Non, je n’ai pas de ceinture.
Tu n’as pas de ceinture ?

Un autre exemple de position favorable : l’emplacement de la consonne à l’initiale d’un mot ou d’une structure pour renforcer sa tension et en finale pour accentuer son relâchement.

Pour diagnostiquer une erreur consonantique en termes de trop tendu/trop relâché, l’enseignant aura en mémoire la présentation du tableau consonantique par la tension décroissante, qui fera l’objet d’une présentation par la suite. Retenons simplement, pour comprendre les exemples qui suivent, que la tension (tonus énergétique, force articulatoire, énergie respiratoire ) décroît lorsque l’on passe de la consonne sourde à la consonne voisée ( [p] plus tendu que [b], [s] plus tendu que [z].

Ainsi donc, dans le cas de cette jeune hispanophone qui produit /z/ comme [s], c’est-à- dire avec un excès de tension (et à plus forte raison lorsque la consonne se trouve sous l’accent d’intensité), on veillera à placer le phonème /z/ en finale pour le relâcher.

A choisir entre ces deux énoncés : Vous le pesez, madame  ?et D’accord, je le pèse, le pédagogue accordera la priorité au second parce que c’est celui qui offre les meilleures conditions de perception et de reproduction pour l’apprenant qui sous-estime le relâchement de la constrictive /z/. L’allongement de la voyelle qui précède accentuera par ailleurs le voisement de la consonne /z/.

- Ω Vous le pesez Madame ?
D’accord, je le pèse.

Les exemples retenus jusqu’ici illustrent l’influence de la hauteur sur la perception des timbres vocaliques et l’incidence de la position dans l’énoncé sur la tension des consonnes.

Mais déjà au niveau segmental, l’entourage syllabique, c’est-à -dire la combinatoire phonétique, modifie les conditions de perception et de reproduction des voyelles et des consonnes. En d’autres termes, les sons s’influencent les uns les autres. On voit d’emblée le parti que le professeur peut tirer du voisinage d’éléments présentant des similitudes phono-acoustiques.

De même que l’on peut opérer une sélection raisonnée des structures optimales au niveau du rythme et de l’intonation, de même on pourra choisir pour la correction des voyelles et des consonnes un environnement phonétique optimal, un entourage phonétique favorable, c’est-à-dire accoler au son à l’étude un autre son qui en accentue les caractéristiques acoustico-articulatoires. Nous aborderons cette rubrique de manière systématique lors de la présentation du procédé de correction par les sons voisins.

- 4.Soit par l’intervention directe dans l’émission des messages

Supposons l’erreur-type ci-après :

- Ω Mon père est un bon pêcheur
prononcé [peʃɔr ]

Que s’est-il passé ?

Tout son d’une langue donnée possède sa (ses) zone(s) de fréquences propres où il apparaît le plus nettement caractérisé par rapport à l’ensemble du système de sa langue, où il est perçu par l’autochtone avec le plus de netteté dans la perception auditive : c’est la zone optimale du son, c’est-à-dire la zone où le son s’inscrit avec le plus de netteté et le moins de déformation dans la perception auditive. Chaque son d’une langue possède son optimale. Celle-ci varie d’une langue à l’autre, même pour des sons apparemment identiques à l’audition comme le [a] français et le [a] inuit, pour ne citer qu’un exemple. En apprenant une langue étrangère, notre cerveau va choisir dans le spectre de fréquences du son étranger celles qui lui sont déjà familières dans sa langue maternelle et, comme les optimales ne sont pas les mêmes, la restitution sera fausse. Dans le cas évoqué plus haut, l’apprenant, ne possédant pas le /oe/ dans son système, l’a ramené au phonème maternel le plus proche, en l’occurrence /ɔ/, que nous appelons la localisation de l’erreur. La remédiation phonétique consistera donc à fournir au sujet son optimale corrective, c’est-à-dire la réalisation qui présente les caractéristiques audio-phonatoires inverses par rapport à l’erreur et qui offre les meilleures conditions de réception des éléments que le sujet tend à ignorer.

Souvent la connaissance par le professeur des lois de phonétique perceptuelle, liées aux éléments suprasegmentaux et à la phonétique combinatoire, suffiront à créer les conditions favorables de réception. À d’autres moments, la présentation de l’optimale corrective impliquera que l’on fasse subir au modèle sonore toute une série de distorsions, de nuancements, de filtrages en effectuant des mouvements de bascule dans la direction opposée à l’erreur. Pour l’exemple évoqué plus haut, nous opérerons une déformation de sens opposé à l’erreur vers /ɛ /.

- Ω Mon père est un bon pêcheur

Dans les deux cas, la correction va se fonder sur une “audition en synthèse dirigée par la reproduction du professeur et contrôlée par la prononciation de l’élève”. (Renard, Op.cit., 58)

Lorsque par contre l’erreur consiste à surestimer la coloration claire du phonème /oe/ au détriment de ses composantes sombres (l’erreur tendant vers une réalisation proche de /ɛ /, plus claire que /oe/), il s’agira de présenter à l’audition du sujet un allophone sombre du phonème /oe/ tendant vers /ɔ/.

- Ω Il est ingénieur

Dans l’exemple qui suit, où l’apprenant confond /y/ et /u/, il a été nécessaire de lutter contre l’assombrissement tenace du /y/ en opérant une déformation exceptionnelle jusque dans l’aire de confusion phonologique avec /i/.

- Ω Salut, Pierre, ça va ?

Tantôt /y/est confondu avec /i/ et c’est dans le sens opposé à l’erreur que s’effectuera le nuancement, c’est-à-dire vers un allophone sombre de /y/tendant vers/u/.Le visionnement de l’atelier ci-après fournit, au passage, un exemple d’erreur précocement fossilisée, y compris chez les jeunes écoliers, et qui, comme dans l’exemple précédent, requiert la présentation d’un allophone de remédiation se situant carrément dans l’aire de réalisation phonologique de /u/.

- Ω Il achète des chaussures.

Dans ces exemples, nous avons envisagé la prononciation nuancée appliquée aux timbres clairs ou sombres des voyelles. Mais le nuancement peut porter sur tous les paramètres du langage : durée vocalique, hauteur, intensité, mélodie, débit, etc.

Examinons quelques cas de nuancements au niveau de la tension des consonnes.

Retenons au préalable, en nous réservant d’en expliquer les raisons ultérieurement, que la tension consonantique décroît dans l’ordre suivant : /p/, /b/,, /ß/,/v/. Ainsi, dans les exemples suivants, où /b/ est reproduit avec trop peu de tension, comme un [ß], la déformation peut aller jusqu’à proposer un /b/ hypertendu très proche de /p/.

- Ω Catherine habite ici
-  Est-ce qu’il habite à Paris
-  Il n’y a plus de sacs-poubelles
-  Je souffle les bougies

La réalisation de l’occlusive sonore /g/ comme une constrictive sonore [ɣ ] chez les hispanophones est de même nature que celle rencontrée dans les exemples précédents : pas assez de tension. La correction de l’erreur consistera donc à présenter une réalisation très tendue de /g/ proche de /k/ tout en opérant un découpage qui place le phonème litigieux à l’initiale pour le tendre davantage.

- Ω Ce petit garçon, c’est Pilou, mon frère

Dans les exemples examinés jusqu’ici, nous nous sommes attaché à appliquer quelques procédures dans leur singularité. En réalité, la plupart du temps, la méthode verbo-tonale tire son efficacité de la convergence cumulative de plusieurs procédés. Le travail phonétique s’avère d’autant plus efficace et durable que le plus grand nombre de procédures se conjuguent pour optimiser les conditions de perception et de reproduction des éléments de la chaîne parlée.
Ainsi, par exemple, l’éclaircissement de /y/ prononcé [u], erreur fortement fossilisée chez de nombreux apprenants, s’obtiendra à la fois par la sélection d’une position favorable (en l’occurence, la fin d’une courbe intonative ascendante avec étirement de la syllabe porteuse de la voyelle litigieuse vers la zone suraiguë, le recours à un entourage consonantique éclaircissant ( en l’espèce s, t, z ) et brochant sur le tout, l’intervention directe dans les messages par déformation du timbre de la voyelle vers la plage du phonème /i/.
Dans l’extrait vidéo ci-après, nous avons couplé intonation montante et nuancement du timbre de la voyelle vers un allophone clair du phonème /y/.

- Ω Vous avez vu le facteur  ?

Veut-on un dernier exemple de recours au cumul des procédés ?

Ecoutons l’exemple ci-après, suivi de sa correction.

- Ω Il rit souvent

La production par cette jeune Slovaque d’un [r] apico-alvéolaire ( dit r « roulé ») est justiciable d’un double contentieux : l’antériorisation excessive du point d’articulation, renforcée de surcroît par la présence d’une voyelle d’avant, et un excès de tension consonantique, la variante apico-alvéolaire du / ʀ / étant assurément plus tendue que la fricative dorso-vélaire du français standard [ʁ] ( pour de plus amples explications, cf. 2ème partie, chapitre 6 : cumul des procédés)

Le travail phonétique pour la production du /ʁ/ dorso-vélaire cumulera donc tous les procédés de correction, à la fois de la postériorisation et du relâchement, à partir d’énoncés optimaux comme c’est mon amour  : recours à une combinatoire postériorisante (ʀ + u, o, ɔ ), remplacement de la consonne / ʁ/ par une réalisation apparentée (la fricative postérieure [x], communément appelée “jota” ou un [h] aspiré, en réalité expiré), position relâchée en fin de courbe intonative descendante et relâchement de la consonne par allongement de la voyelle qui précède.

- 5.Intégration non intellectualisée

L’acquisition d’une langue étrangère est un processus complexe qui échappe au contrôle intellectuel. Dans la parole spontanée, nous n’avons pas conscience des règles morphosyntaxiques qui sous-tendent le discours, nous n’évaluons pas consciemment les oppositions phonologiques que nous opérons pour différencier le sens des mots ; nous n’apprécions pas davantage les différents mouvements des organes phonatoires mis en oeuvre dans l’articulation de la parole. De même, rendu “sourd” par la soumission inconditionnelle aux différents “cribles” référentiels de sa langue maternelle, l’apprenant n’est pas en mesure, du moins au début, d’évaluer consciemment le système d’erreurs de la communauté linguistique dont il est le ressortissant. Il ne le deviendra qu’au fur et à mesure que le processus de discrimination phonologique s’affinera et qu’il deviendra capable d’autocorrection.

L’intégration spontanée des caractéristiques audio-phonatoires de la nouvelle langue aboutira d’autant plus naturellement que l’enseignant aura posé des diagnostics étiologiques de l’erreur dépassant la simple symptomatologie ponctuelle et qu’il aura intégré tout le travail phonétique (à ne pas confondre avec l’enseignement de la phonétique) dans une pédagogie structuro-globale de la communication.

- 6.Structuro

Si, dans la perspective structuraliste, on admet que la langue n’est pas un conglomérat d’éléments hétérogènes mais un macro-système composé d’un ensemble de microsystèmes indissociables ; que, par ailleurs, tous les éléments constitutifs de chaque microsystème tirent leur valeur de leur position structurale, on comprend aisément que la méthode verbo-tonale s’attache plus aux rapports internes, aux relations entre les éléments constitutifs du système qu’aux éléments proprement dits ; qu’elle préconise une intégration simultanée et solidaire des éléments informationnels en provenance de tous les microsystèmes.

- 7.globale

S’agissant d’un ensemble homogène de systèmes structurés, l’acquisition de la langue est nécessairement globale et l’apprentissage s’effectue par approximations successives et réajustements constants plutôt que par assimilation linéaire et ponctuelle de ses éléments successifs. La raison en est qu’en présence d’un code aussi restreint qu’est le code phonologique, l’intégration d’un de ses éléments est subordonnée à l’appropriation du référentiel tout entier.

- 8.structurante

La méthode verbo-tonale est structurante dans la mesure où l’apprentissage de la langue - et a fortiori de la prononciation - n’est pas le résultat d’un transfert de connaissances du maître vers l’élève. L’apprentissage suppose chez l’élève une activité multiple tant au plan des conduites opératoires qu’au niveau du cerveau, où il infère les mécanismes d’intégration. Il s’agit là d’une véritable appropriation par l’apprenant. Lors de la perception ou de la production du message langagier, l’apprenant structure celui-ci sur la base des éléments qu’il maîtrise ; avec le temps, après une période plus ou moins variable de sédimentation, ces éléments se mettent en place et les structurations en deviennent d’autant plus hiérarchisées. À la vérité, le langage structure la personnalité.

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